Le taux de fécondité total est élevé, à savoir 6,1 enfants par femme. Le taux de mortalité infantile (88 décès pour 1 000 naissances vivantes), ainsi que les taux de morbidité et de mortalité juvéniles sont également élevés. Le taux de mortalité maternelle (488 décès pour 100 000 naissances vivantes) ne s'est pas amélioré au cours des 10 dernières années.
Environ 58 % de la population vivent à une heure de marche, voire plus, d'un centre de santé primaire. L'aide médicale à la naissance est peu répandue en raison de la répartition inégale des sages-femmes sur le territoire. Moins de 1 % des
accouchements se font par césarienne.
Le taux d'utilisation des contraceptifs chez les femmes mariées est passé de 9,7 % en 1997 à 11,8 % en 2001. Le taux de prévalence du VIH/sida est comparativement faible (0,01 % en 1996, 1,1 % en 2003), mais le taux élevé de
prévalence des maladies sexuellement transmissibles, notamment parmi les jeunes,
associé au rejet des préservatifs et à l'ignorance relative au sida, est à l'origine d'une propagation de la contamination.
Un certain nombre d'obstacles entravent l'épanouissement de la jeunesse malgache, qu'il s'agisse des grossesses précoces et non désirées, de l'avortement, de la prostitution, du faible niveau d'instruction ou des possibilités d'emploi limitées.
Le problème de l'inégalité et de l'injustice entre les sexes est répandu à Madagascar en raison du faible niveau d'instruction des femmes et de facteurs socioculturels tels que l'accès aux ressources et leur contrôle, ainsi qu'un pouvoir
de décisions limité. Les disparités entre les hommes et les femmes en matière d'éducation sont importantes. En 1998, le taux d'alphabétisation était de 47,7 % pour les femmes et de 55,6 % pour les hommes. L'Assemblée nationale ne compte que 4,4 % de femmes et elles n'occupent que 11 % des sièges au Sénat.
Malgré une crise politique qui a paralysé le pays pendant six mois en 2002, Madagascar ne manque pas de capacités à exploiter sur les plans économique et humain. Le Gouvernement est résolu à venir à bout des difficultés sociales et
politiques grâce à des programmes de développement. En vue de réduire le taux de
pauvreté de moitié d'ici à 2013, il a établi un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté en tablant sur une croissance économique accélérée et l'essor des secteurs sociaux, conformément aux objectifs du Millénaire pour le développement.
Correctement mise en œuvre, la stratégie devrait permettre de réduire le taux de mortalité maternelle à 127 décès pour 100 000 naissances vivantes et le taux de mortalité infantile à 30 décès pour 1 000 naissances. La priorité sera donnée à l'information et aux services de planification de la famille, ainsi qu'à la création de
111 districts sanitaires à gestion décentralisée. Il s'agira aussi en prioritéd'améliorer le protocole de collecte et d'analyse des données relatives au
développement, et particulièrement de suivre les progrès accomplis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.
