« Retour au blog de politiq2mada

Les acteurs de cette crise?

Cette crise couve depuis au moins cinq ans. Tout a été minutieusement calculé...

La préparation de cette tentative de Coup d'Etat a été telle que le nombre de protagonistes n'a jamais cessé d'augmenter. En effet, il fallait ressortir tout ce qui avait permis l'accession de Ravalomanana au pouvoir : de la base de toute réussite indéniable dans tout ce que l'on entreprend au monde : l'argent, et ce jusqu'au plus petit détail.

Sans vouloir les classer, je vous les énumère sans état d'âme car sûrement, y faisant partie des plus ou moins proches :

Les « Taupes » (au sein même de la Présidence ), les « taupes » au sein du gouvernement surtout, les exilés politiques, les francs-maçons, les chefs d'entreprise, les alliances TGV-Gouvernement, les déçus du pouvoir, les conseillers techniques de la présidence et de la primature, les alliances partis politiques, quelques indopakistanais, les jésuites,... mais surtout la France qui en est la cause première. Il avait fallu garder si secrètement, pratiquement toutes les actions complexes pour en arriver à cette situation, notamment les transferts de fonds utilisés dans ce coup d'Etat car tout ou presque transitait par les mallettes diplomatiques (pratique courante dans le monde entier).

Pourquoi on en veut à mort autant à Madagascar ? Et surtout à Ravalomanana ?

Comme les « exilés politiques » se sentaient tellement lésés et injustement mis à l'écart alors que ces anciens dirigeants étaient à l'époque tellement adulés par la France et que nos dettes extérieures s'étaient élevées à des milliards et des milliards de dollars, or le pays en un quart de siècle n'avait guère bougé d'un iota, le développement laissait à désirer et qu'actuellement, on crie sur le toit du monde que la réalisation actuelle de Ravalomanana étaient le fruit des tractations d'alors. Fallait-il attendre un autre quart de siècle de plus ?

Et la France avait accepté les inouïes et extraordinaires corruptions de l'époque ayant rendu archi milliardaires certains barons qui investissent actuellement dans ce coup d'Etat. De plus, la France connaît bien la chanson, car soi-disant dans les pays d'Afrique sous tutelle Française, elle clame à chaque fois son innocence, son ingérence...

Mais ouvrons bien grand nos yeux, entraidons-nous malheureux malgaches, il ne faut pas être devin pour ne pas comprendre la politique étrangère de la France, car partout où elle s'immisce, elle fait des ravages. Voyez par vous-mêmes : il existe actuellement 8 pays d'Afrique qui avaient failli réussir et vraiment réussir, mais la France arrive toujours à ses fins malheureuses: coûte que coûte retenir par les pieds tous ces pays pour que leurs têtes puissent à peine émerger [...]

Et ce, pour quelles raisons? La France avait un rang ou plutôt un classement mondial à défendre. Par contre elle commence à perdre « pied » et elle sait qu'elle est actuellement la risée des grandes nations, elle glisse inexorablement et que même Mr Sarkozy essaie péniblement de rétablir la barre, mais trop tard, tout ceci est dû à toutes les fautes accumulées depuis : Mr Sarkozy s'occupe actuellement de ses « poches », inutile de le cacher (cf. : « Marianne », « Capital »... etc.) comme ses prédécesseurs. Par contre, en sachant que Ravalomanana a octroyé aux Américains, Canadiens, Allemands, Sud-Africains..., l'octroi et la gestion des richesses de Madagascar et que mêmes les approches et les rapports avec la Chine et l'Inde se fructifient, tout cela ont rendu la France « folle et furieuse », or Madagascar voudrait bien tenir son rôle dans le processus de la mondialisation car elle est souveraine et elle veut bien tenter ses chances pour les 25 prochaines années.

Et tous ces dirigeants du monde moderne qui se sont emmêlés les pinceaux entre leurs intérêts personnels et ceux de leurs Etats ? En connaissez-vous un qui peut montrer « patte blanche »? Ne soyons pas hypocrites et machos ! Car, c'est vrai, reconnaissons que quand on souhaite la chute d'un régime, toutes attaques tous azimuts sont valables pour ce faire (tel le cas de Berlusconi, Poutine, Kohl... liste mondiale interminable).

Nous ne défendons pas aveuglément M. Ravalomanana mais nous savons pertinemment que Madagascar a connu un afflux très important des Investissements Directs Etrangers (IDE), dont les chiffres sont criants de vérité ! Un triplement en 2006 des IDE sur l'île, suivi d'un nouveau triplement en 2007, tout cela grâce aux nombreux accords d'investissements conclus avec des pays comme l'Allemagne, la Suisse, la France, la Belgique ou encore le Luxembourg, l'Afrique du Sud, l'Ile Maurice, la Thaïlande et bien évidemment la Chine, ce qui à notre sens n'est pas négligeable du tout. Par ailleurs, des négociations sont encore aujourd'hui en cours avec l'Inde. Après coup, Madagascar a atteint le 88ème rang mondial en terme d'IDE sachant, qu'au niveau du continent africain, le pays occupe le 10è rang en Afrique des pays bénéficiant de ces Investissements Etrangers !

Quel est la place de la France dans ce concert des investisseurs ? Il faut souligner qu'elle ne s'en sort pas mal ! Même si elle talonne les Américains et les Canadiens, la France est encore à ce jour détentrice de l'un des principaux stocks d'investissements du pays dont la teneur est marquée par une grande diversité des investissements réalisés : 650 entreprises dont, parmi elles, 130 filiales et pas moins de 500 entreprises privées à capitaux français.

Avec cette crise politique qui frappe de plein fouet le pays, on peut souligner que celle-ci est réellement mal venue ! Bien que notre PIB national affiche une croissance importante de 5% en moyenne sur l'ensemble des dix dernières, il semble inéluctable que le pays court droit à la catastrophe si un changement politique majeur survenait, du simple fait que notre économie repose sur ces mêmes IDE !

Hormis cette dépendance aux IDE, les régions les plus reculées de Madagascar ainsi que les Provinces ont bénéficié d'une politique de désenclavement spectaculaire avec la construction de nombreux axes routiers, ou encore une politique intensive de constructions d'infrastructures hospitalières, éducatives dont l'impact socio-économique n'est pas négligeable.

Revenons à TGV, alias Andry Rajoelina : il était difficile de sortir quelqu'un d'autre du lot qui serait apte à semer le trouble et tenter ce forcing prémédité, et surtout inattendu car même les services secrets hyperactifs de Ravalomanana ont été ébahis et dépassés par les évènements. Ravalomanana avait par contre fait une énorme erreur : avoir sous-estimé cette frange malgache vivant en France et en Europe, cette Diaspora bouillonnante de l'Opposition ; ces exilés très renseignés à la minute près, très actifs ; ces consuls et diplomates inactifs, qui n'avaient pratiquement rien foutu, juste s'empiffrer et du coup se rendant complices à la préparation de ce coup d'Etat.

Et ces Jésuites !! Sans vouloir les irriter, ils sont parmi les grands protagonistes de cette énorme escalade de la violence, mais y sont également mêlés jusqu'au cou deux grands pasteurs de secte.

Quant à TGV, vulnérable sous l'impulsion de la drogue et l'appât du gain, les yeux vides et hagards, pieds et mains liés, apparemment, il commence à semer le doute au sein de tous ces belligérants. Aussi bête qu'il est Andry TGV, sans diplôme, devenu bon orateur malgré lui, ce magicien et DJ hors pair ne pourra en tout cas espérer un quelconque poste digne de son... talent, ridicule vis-à-vis de tous mais qui ne sera de toutes façons qu'un passe-droit.

Revenons quelque peu en arrière à la France lors des émeutes de 2006, ayant ébranlé sérieusement la vie politique française (des milliers de voitures calcinées, des centaines de magasins pillés et dévalisés...), nul ne s'était empressé pour chasser du pouvoir toute la clique politique de tous bords, c'était également un problème franco-français.

Actuellement Sarkozy peine à rétablir l'économie avec ces grèves interminables face à la crise sociale, universitaire, financière ou plutôt bancaire, la crise dans les DOM-TOM et forcément, il ira au bout de son mandat, voire un deuxième vantant ses réalisations du premier mandat.

Pour le cas de « RFI » : les excès et les mensonges permanents comme à l'accoutumée sur les pays d'Afrique avec les conseils quotidiens qui émanent directement des hauts dirigeants de la France, ceci avec la complicité du tandem Ockrent – Kouchner, et que ce dernier, qui se fait même rattraper par ses affaires personnelles... sur certains pouvoirs Africains et dont il était obligé de se justifier.

Un autre exemple, le passage du Secrétaire d'Etat Français à la Coopération, à Madagascar « un pays indépendant », ayant négocié pour suspendre les mandats d'arrêt et si cela se produisait en France pour ceux qui auront tendance à s'approprier ou incendier l'Elysée, le Quai d'Orsay, les Auchan ou encore les Carrefour... accepterait-ils de lever impunément des sanctions à l'encontre des incendiaires ou des criminels... selon les versions ?

Par contre, une question à laquelle je ne trouve pas de réponse à ce jour, pourquoi la France par l'intermédiaire de RFI a quelque peu changé de ton ces derniers temps ? Tactique, choix, prudence...ou est-ce le fruit de l'action et des pétitions de la diaspora malgache en Europe devant la Maison de la Radio ?

Revenons également aux Jésuites. Tellement pressés de barrer la route à certains, dans le monde de la... croyance dans le monde entier et qui est une très bonne chose ; leur richesse inouïe est à la hauteur de leur Hypocrisie et ce n'est qu'une façade l'appel à la clémence qu'ils nous lancent car en réalité ils sont aux abois à tout bout de champ dans ce coup d'Etat.

Revenons aussi à cette scission au sein de la Communauté Internationale. Chaque nation qui voudrait aider ou s'installer à Madagascar, calcule aussi bien leurs risques d'investissement que leurs intérêts et avantages vis-à-vis des autres nations : vision de loin oblige car on comprend bien outre mer que Madagascar n'est pas une propriété exclusive d'une nation, mondialisation oblige.

Moralité de cette crise malgache : que cela serve quand même de leçon à tout un chacun de gouvernant, car gouverner c'est prévoir et, honnêtement, il est très difficile de se maintenir au pouvoir sous peine d'être mis en exil après quelques erreurs imprévues et irrémédiables et vice versa et Nous pensons que la vraie Démocratie (non de Rue) ne viendra pas d'un Coup d'Etat.


Madascratie - Info

# Posté le jeudi 26 février 2009 09:54

« Article précédent : Pourquoi les pays d'afriques sont instable...

Article suivant : Analyse de la classe politique! »