Les préoccupations après les négociations ratées

Douche froide pour les observateurs et la population malgaches hier : le processus de négociation entamé entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina s'est soldé par un échec. Les mots utilisés par Mgr Odon Razanakolona (Président du FFKM) pour annoncer son désistement personnel sont clairs : les négociations n'ont pas porté de résultats (« tsy nahomby »), malgré les efforts des médiateurs. De son côté, Andry Rajoelina a déclaré en début de soirée que ces négociations étaient une « perte de temps », car le tour d'horloge consacré à chaque session était insuffisant pour aborder les vrais problèmes en profondeur.

SIGNES AVANT-COUREURS

Lundi dernier, Andry Rajoelina avait déjà manifesté son irritation quant au contenu des premiers pourparlers, durant lesquels seul le Président Ravalomanana avait pu exposer ses centres d'intérêts : la tenue du sommet de l'Union africaine, et l'exécution du Madagascar action plan (MAP). Toutefois, le fait de savoir qu'une réunion avait quand même eu lieu mardi et qu'une autre était prévue ce mercredi a été un signe d'espoir. Cependant, le rythme de sortie de la salle mardi dernier autorisait déjà à des interrogations, car Marc Ravalomanana était sorti 30 minutes avant Andry Rajoelina. L'hypothèse la plus probable était alors qu'il y avait eu un clash, et que les médiateurs avaient tenté d'arrondir les angles avec l'ancien maire de la Capitale.

La fin de l'actuel cycle de négociation était donc prévisible, même s'il n'était pas souhaitable. D'ailleurs, Madagascar-Tribune.com avait déjà alerté mardi dernier sur la difficulté de la tâche, au vu des questions qui devaient trouver une réponse (lire « La prudence est de mise » mis en ligne le mardi 24 février).

Le comportement désinvolte affiché mercredi par Marc Ravalomanana en a choqué plus d'un, y compris dans son propre camp. En effet, « poser un lapin » est déjà un acte indélicat dans la vie courante, mais il est encore plus inadmissible quand il s'agit d'affaires de l'Etat, surtout quand il s'agit de résoudre une crise politique qui a déjà fait des morts. De plus, cet affront est un véritable manque de savoir-vivre envers les Ray-aman-dReny du FFKM. La savante utilisation de ce rendez-vous manqué par les propagandistes de Radio Viva va presque faillir rendre sympathique l'indomptable d'Ambatobe, qui contrairement à son habitude de rebelle, a fait dans la soirée une déclaration ferme mais pondérée, sans son habituel ton provocateur et ses raccourcis pour qualifier et désigner son adversaire. On ne sait s'il a gagné en maturité à force de fréquenter les Chefs d'Eglise du FFKM, ou bien s'il souhaite quand même laisser la porte des négociations entrebâillée. Quoi qu'il en soit, dans l'estime de l'opinion publique nationale et internationale, Marc Ravalomanana a reculé de plusieurs pas mercredi dernier.

RETOUR A UNE LOGIQUE D'AFFRONTEMENT

Les différents protagonistes vont donc retourner pendant un certain temps à leur logique respective (légalité pour l'un, insurrection pour l'autre), avec les moyens à leur disposition. Si Marc Ravalomanana possède encore l'aura de la légalité républicaine vis-à-vis d'une part non négligeable de la population, de l'armée et de la communauté internationale ; Andry Rajoelina quant à lui possède la force des mouvements de rue. Dans un processus d'échange de coups politiques de part et d'autre, on risque donc d'assister dans les jours qui suivent à une surenchère de part et d'autre. Ce n'est donc que quand les protagonistes et les médiateurs potentiels (FFKM, Armée, diplomates) se rendront compte que la situation est dans une impasse qu'ils retourneront de nouveau à la table des négociations. Mais pour que MM. Ravalomanana et Rajoelina retournent à la raison et entament le second round des discussions, combien faudra-t-il encore de morts, de blessés, d'emplois perdus, d'entreprises qui ferment ?

En fait, après une accalmie, ce sont sans doute les vieux démons du Président qui ont repris le dessus, à savoir son arrogance, son sentiment d'omnipotence et sa conviction que le monde entier était à sa disposition. Ayant pressenti par ses réseaux d'information que le Président ne viendrait sans doute pas pour cause d'éloignement géographique dans les régions, Andry Rajoelina a demandé à une délégation lourde composée de l'ensemble de « son gouvernement de transition » et de l'équipe de la Mairie de venir à Ambohimanambola, histoire de montrer que lui et sa garde rapprochée était prêts à discuter avec la meilleure volonté du monde.

Marc Ravalomanana risque donc bientôt de payer cher cette provocation inutile de plus dans la longue liste de ses bévues. La question qui se pose est donc celle-ci : pourquoi ? Le Président de la République est connu pour être imprévisible, mais le contexte de cette réunion devait quand même limiter les possibilités d'improvisation. L'hypothèse est donc que des évolutions récentes ont convaincu le Président de la République qu'il n'était plus nécessaire de rechercher un consensus. Si certains parlent de l'arrivée d'armes pour les forces anti-émeutes, d'autres penchent pour un accord trouvé avec les chefs de l'armée. Cependant, si Marc Ravalomanana a choisi de privilégier la répression à la négociation, il devrait également savoir que cela est possible un temps, mais pas tout le temps et partout. Par malheur, envisage-t-il un bain de sang pour gagner quelque mois de plus, jusqu'au Sommet de l'Union Africaine ?

UNE SITUATION GLOBALE PREOCCUPANTE

Depuis toujours, le style de Marc Ravalomanana est de laisser pourrir les crises pour qu'elles implosent d'elles-mêmes. Mais il est à douter que cela soit encore possible avec le conflit politique actuel. La situation en province est préoccupante, et les grommellements de plus en plus insistants des « dinosaures politiques » qui exigent d'avoir voix au chapitre montrent que la situation risque d'échapper à l'un et à l'autre. Même à Antananarivo, le mouvement mené par Andry Rajoelina ne fait pas l'unanimité : il suffit de voir combien ses ordres de « ville morte », de deuil national ou de grève générale sont allègrement bafoués par la population de la Capitale qui l'a pourtant élu à 63%. Il serait alors difficile de croire qu'il peut avoir le contrôle dans les régions.

En fait, il est fort probable que Andry Rajoelina a été utilisé par beaucoup de frustrés du régime Ravalomanana comme un moyen de se défaire du Président, un peu comme les béliers pour défoncer les portes des châteaux forts au Moyen Age. Il était le seul à cumuler le courage, les ressources financières et l'indispensable appui d'une large population de la Capitale. Mais une fois la porte du château enfoncée, on laisse toujours le bélier de côté. Et ce n'est pas parce que Andry Rajoelina règne en maître sur la Place du 13 mai qu'il pourra s'imposer à la classe politique et à la population des régions. Des personnalités comme Albert Zafy, Roland Ratsiraka ou Pierrot Rajaonarivelo ne l'entendent certainement pas de cette oreille. Ainsi, le conflit Ravalomanana-Rajoelina risque de faire des petits dans les mois qui suivent, par exemple Rajoelina-Roland Ratsiraka, Rajoelina-Zafy etc.

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont donc tout à perdre dans un enlisement de la crise et un embrasement des régions. Cela devrait les inciter à discuter sérieusement. Découragé, Mgr Razanakolona s'est désisté tout en montrant son inquiétude à travers un appel fervent à l'Armée. Les regards se tournent maintenant vers le Président de la FJKM Lala Rasendrahasina, réputé être inféodé au Président de la République, mais qui a ici une dernière occasion de démontrer sa stature et faire taire les rumeurs de marionnette. On sait déjà qu'il a de bonnes relations avec son vice-président et principal sponsor qu'est Marc Ravalomanana. Mais en tant que président des protestants, il devrait aussi apprendre à s'entendre avec le chef de file des protestataires de la place du 13 mai. A moins que, comme Ponce Pilate, il n'en profite pour se laver les mains

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# Posté le vendredi 27 février 2009 06:08

Analyse de la classe politique!

Nous avons une classe politique incestueuse. Qu'est ce que cela veut dire ? Cela veut dire que le monde politique et le monde des élites en général à Madagascar est un monde trop restreint, trop petit, où tout le monde se connait, tout le monde se cotoie, et l'affect, la jalousie, les sentiments, se mélangent aux affaires nationales, économiques et mêmes familiales.

Du coup, les décisions pour le pays ne se font pas en forcément en fonction du plus grand nombre, mais parfois pour satisfaire une région, un groupe économique, ou une grande famille et c'est ainsi que naissent les dérives de gouvernance qui seront les germes d'une future révolution. Il faut donc élargir la classe politique au plus près des citoyens pour la rendre moins sous influence. Il faut véritablement une nouvelle classe qui ne doit rien à personne si on veut sortir de cette spirale des révolutions tous les 10-15 ans ! La diaspora pourrait aussi faire parti de ce renouveau par l'intermédiaire de représentants officiels élus par les résidents à l'étranger car sa vision peut aussi être porteuse de nouvelles expèriences.

Source:sobika
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# Posté le vendredi 27 février 2009 05:40

Les acteurs de cette crise?

Cette crise couve depuis au moins cinq ans. Tout a été minutieusement calculé...

La préparation de cette tentative de Coup d'Etat a été telle que le nombre de protagonistes n'a jamais cessé d'augmenter. En effet, il fallait ressortir tout ce qui avait permis l'accession de Ravalomanana au pouvoir : de la base de toute réussite indéniable dans tout ce que l'on entreprend au monde : l'argent, et ce jusqu'au plus petit détail.

Sans vouloir les classer, je vous les énumère sans état d'âme car sûrement, y faisant partie des plus ou moins proches :

Les « Taupes » (au sein même de la Présidence ), les « taupes » au sein du gouvernement surtout, les exilés politiques, les francs-maçons, les chefs d'entreprise, les alliances TGV-Gouvernement, les déçus du pouvoir, les conseillers techniques de la présidence et de la primature, les alliances partis politiques, quelques indopakistanais, les jésuites,... mais surtout la France qui en est la cause première. Il avait fallu garder si secrètement, pratiquement toutes les actions complexes pour en arriver à cette situation, notamment les transferts de fonds utilisés dans ce coup d'Etat car tout ou presque transitait par les mallettes diplomatiques (pratique courante dans le monde entier).

Pourquoi on en veut à mort autant à Madagascar ? Et surtout à Ravalomanana ?

Comme les « exilés politiques » se sentaient tellement lésés et injustement mis à l'écart alors que ces anciens dirigeants étaient à l'époque tellement adulés par la France et que nos dettes extérieures s'étaient élevées à des milliards et des milliards de dollars, or le pays en un quart de siècle n'avait guère bougé d'un iota, le développement laissait à désirer et qu'actuellement, on crie sur le toit du monde que la réalisation actuelle de Ravalomanana étaient le fruit des tractations d'alors. Fallait-il attendre un autre quart de siècle de plus ?

Et la France avait accepté les inouïes et extraordinaires corruptions de l'époque ayant rendu archi milliardaires certains barons qui investissent actuellement dans ce coup d'Etat. De plus, la France connaît bien la chanson, car soi-disant dans les pays d'Afrique sous tutelle Française, elle clame à chaque fois son innocence, son ingérence...

Mais ouvrons bien grand nos yeux, entraidons-nous malheureux malgaches, il ne faut pas être devin pour ne pas comprendre la politique étrangère de la France, car partout où elle s'immisce, elle fait des ravages. Voyez par vous-mêmes : il existe actuellement 8 pays d'Afrique qui avaient failli réussir et vraiment réussir, mais la France arrive toujours à ses fins malheureuses: coûte que coûte retenir par les pieds tous ces pays pour que leurs têtes puissent à peine émerger [...]

Et ce, pour quelles raisons? La France avait un rang ou plutôt un classement mondial à défendre. Par contre elle commence à perdre « pied » et elle sait qu'elle est actuellement la risée des grandes nations, elle glisse inexorablement et que même Mr Sarkozy essaie péniblement de rétablir la barre, mais trop tard, tout ceci est dû à toutes les fautes accumulées depuis : Mr Sarkozy s'occupe actuellement de ses « poches », inutile de le cacher (cf. : « Marianne », « Capital »... etc.) comme ses prédécesseurs. Par contre, en sachant que Ravalomanana a octroyé aux Américains, Canadiens, Allemands, Sud-Africains..., l'octroi et la gestion des richesses de Madagascar et que mêmes les approches et les rapports avec la Chine et l'Inde se fructifient, tout cela ont rendu la France « folle et furieuse », or Madagascar voudrait bien tenir son rôle dans le processus de la mondialisation car elle est souveraine et elle veut bien tenter ses chances pour les 25 prochaines années.

Et tous ces dirigeants du monde moderne qui se sont emmêlés les pinceaux entre leurs intérêts personnels et ceux de leurs Etats ? En connaissez-vous un qui peut montrer « patte blanche »? Ne soyons pas hypocrites et machos ! Car, c'est vrai, reconnaissons que quand on souhaite la chute d'un régime, toutes attaques tous azimuts sont valables pour ce faire (tel le cas de Berlusconi, Poutine, Kohl... liste mondiale interminable).

Nous ne défendons pas aveuglément M. Ravalomanana mais nous savons pertinemment que Madagascar a connu un afflux très important des Investissements Directs Etrangers (IDE), dont les chiffres sont criants de vérité ! Un triplement en 2006 des IDE sur l'île, suivi d'un nouveau triplement en 2007, tout cela grâce aux nombreux accords d'investissements conclus avec des pays comme l'Allemagne, la Suisse, la France, la Belgique ou encore le Luxembourg, l'Afrique du Sud, l'Ile Maurice, la Thaïlande et bien évidemment la Chine, ce qui à notre sens n'est pas négligeable du tout. Par ailleurs, des négociations sont encore aujourd'hui en cours avec l'Inde. Après coup, Madagascar a atteint le 88ème rang mondial en terme d'IDE sachant, qu'au niveau du continent africain, le pays occupe le 10è rang en Afrique des pays bénéficiant de ces Investissements Etrangers !

Quel est la place de la France dans ce concert des investisseurs ? Il faut souligner qu'elle ne s'en sort pas mal ! Même si elle talonne les Américains et les Canadiens, la France est encore à ce jour détentrice de l'un des principaux stocks d'investissements du pays dont la teneur est marquée par une grande diversité des investissements réalisés : 650 entreprises dont, parmi elles, 130 filiales et pas moins de 500 entreprises privées à capitaux français.

Avec cette crise politique qui frappe de plein fouet le pays, on peut souligner que celle-ci est réellement mal venue ! Bien que notre PIB national affiche une croissance importante de 5% en moyenne sur l'ensemble des dix dernières, il semble inéluctable que le pays court droit à la catastrophe si un changement politique majeur survenait, du simple fait que notre économie repose sur ces mêmes IDE !

Hormis cette dépendance aux IDE, les régions les plus reculées de Madagascar ainsi que les Provinces ont bénéficié d'une politique de désenclavement spectaculaire avec la construction de nombreux axes routiers, ou encore une politique intensive de constructions d'infrastructures hospitalières, éducatives dont l'impact socio-économique n'est pas négligeable.

Revenons à TGV, alias Andry Rajoelina : il était difficile de sortir quelqu'un d'autre du lot qui serait apte à semer le trouble et tenter ce forcing prémédité, et surtout inattendu car même les services secrets hyperactifs de Ravalomanana ont été ébahis et dépassés par les évènements. Ravalomanana avait par contre fait une énorme erreur : avoir sous-estimé cette frange malgache vivant en France et en Europe, cette Diaspora bouillonnante de l'Opposition ; ces exilés très renseignés à la minute près, très actifs ; ces consuls et diplomates inactifs, qui n'avaient pratiquement rien foutu, juste s'empiffrer et du coup se rendant complices à la préparation de ce coup d'Etat.

Et ces Jésuites !! Sans vouloir les irriter, ils sont parmi les grands protagonistes de cette énorme escalade de la violence, mais y sont également mêlés jusqu'au cou deux grands pasteurs de secte.

Quant à TGV, vulnérable sous l'impulsion de la drogue et l'appât du gain, les yeux vides et hagards, pieds et mains liés, apparemment, il commence à semer le doute au sein de tous ces belligérants. Aussi bête qu'il est Andry TGV, sans diplôme, devenu bon orateur malgré lui, ce magicien et DJ hors pair ne pourra en tout cas espérer un quelconque poste digne de son... talent, ridicule vis-à-vis de tous mais qui ne sera de toutes façons qu'un passe-droit.

Revenons quelque peu en arrière à la France lors des émeutes de 2006, ayant ébranlé sérieusement la vie politique française (des milliers de voitures calcinées, des centaines de magasins pillés et dévalisés...), nul ne s'était empressé pour chasser du pouvoir toute la clique politique de tous bords, c'était également un problème franco-français.

Actuellement Sarkozy peine à rétablir l'économie avec ces grèves interminables face à la crise sociale, universitaire, financière ou plutôt bancaire, la crise dans les DOM-TOM et forcément, il ira au bout de son mandat, voire un deuxième vantant ses réalisations du premier mandat.

Pour le cas de « RFI » : les excès et les mensonges permanents comme à l'accoutumée sur les pays d'Afrique avec les conseils quotidiens qui émanent directement des hauts dirigeants de la France, ceci avec la complicité du tandem Ockrent – Kouchner, et que ce dernier, qui se fait même rattraper par ses affaires personnelles... sur certains pouvoirs Africains et dont il était obligé de se justifier.

Un autre exemple, le passage du Secrétaire d'Etat Français à la Coopération, à Madagascar « un pays indépendant », ayant négocié pour suspendre les mandats d'arrêt et si cela se produisait en France pour ceux qui auront tendance à s'approprier ou incendier l'Elysée, le Quai d'Orsay, les Auchan ou encore les Carrefour... accepterait-ils de lever impunément des sanctions à l'encontre des incendiaires ou des criminels... selon les versions ?

Par contre, une question à laquelle je ne trouve pas de réponse à ce jour, pourquoi la France par l'intermédiaire de RFI a quelque peu changé de ton ces derniers temps ? Tactique, choix, prudence...ou est-ce le fruit de l'action et des pétitions de la diaspora malgache en Europe devant la Maison de la Radio ?

Revenons également aux Jésuites. Tellement pressés de barrer la route à certains, dans le monde de la... croyance dans le monde entier et qui est une très bonne chose ; leur richesse inouïe est à la hauteur de leur Hypocrisie et ce n'est qu'une façade l'appel à la clémence qu'ils nous lancent car en réalité ils sont aux abois à tout bout de champ dans ce coup d'Etat.

Revenons aussi à cette scission au sein de la Communauté Internationale. Chaque nation qui voudrait aider ou s'installer à Madagascar, calcule aussi bien leurs risques d'investissement que leurs intérêts et avantages vis-à-vis des autres nations : vision de loin oblige car on comprend bien outre mer que Madagascar n'est pas une propriété exclusive d'une nation, mondialisation oblige.

Moralité de cette crise malgache : que cela serve quand même de leçon à tout un chacun de gouvernant, car gouverner c'est prévoir et, honnêtement, il est très difficile de se maintenir au pouvoir sous peine d'être mis en exil après quelques erreurs imprévues et irrémédiables et vice versa et Nous pensons que la vraie Démocratie (non de Rue) ne viendra pas d'un Coup d'Etat.


Madascratie - Info

# Posté le jeudi 26 février 2009 09:54

Le fameux cycle......

Le fameux cycle......
DE LA CRISE « A CYCLE DE 10 ANS » AU GRAND MOUVEMENT DE FOND « A CYCLE DE 50 ANS » ?

En se référant aux principaux évènements passés, il est important de noter les grandes dates de l'histoire récente de Madagascar :

â 1897 : Annexion de Madagascar par la France

â 1947 : Mouvements d'insurrection nationaliste contre les colons français

â 1960 : Accession à l'indépendance politique

â 1972 : Crise politique ayant mis fin à la première république (fin du régime Tsiranana)

â 1985 : Crise sociale autour du mouvement « kung-fu »

â 1991 : Crise politique ayant mis fin à la seconde république (fin du régime socialiste)

â 2002 : Crise politique ayant mis fin à l'époque Ratsiraka

â 2009 : Début de crise avec l'ère Ravalomanana

On distingue nettement deux grandes tendances : le grand cycle de 50 ans (1897 – 1947 – 2002 ...), ainsi que le cycle devenu classique de 10 ans (1972 – 1985 – 1991 – 2002 ...)

Le cycle de 50 ans s'articule autour des années phares de 1897, 1947, 2001. Quels sont les éléments communs ou fils directeurs de ces « grands évènements ? C'est un débat, apparemment très important, qu'il faut élargir le plus possible, auquel les quelques lignes suivantes ne constituent qu'un apport très partiel :

â L'importance des pressions externes, ainsi que l'ordre et la vitesse de succession de ces pressions, auxquelles les Malagasy n'étaient pas bien préparés : les agressions coloniales durant la seconde moitié du 19°siècle, les réponses à ces agressions durant la première moitié du 20°siècle, les premières expériences d'une indépendance retrouvée à partir de 1960, les premières expériences de démocratie et de libertés, la mondialisation commerciale, les pressions des appuis financiers multilatéraux et bilatéraux de l'après 1972, les crises mondiales diverses actuelles (financières, écologiques, etc.), mais aussi le rapide développement des TIC, la diffusion rapide des nouvelles, l'expansion du modèle occidental de démocratie. Dans tous les cas, le poids de ces facteurs externes semblait avoir été très décisif

â Les chocs subis, au niveau des identités et des valeurs fondamentales malagasy : le caractère sacré des terres mais qui ont été confisquées par les colons (c'était sans doute le grand facteur mobilisateur, lors de la « rebellion » de 1947, à Moramanga, Manakara, Ikongo, etc.), les regards envieux actuels de certains investisseurs de l'extérieur sur les terres arables de Madagascar (Ex. : projet de Daewoo Logistics), le culte effréné de l'argent occultant et diluant le Fihavanana (Concorde sociale, solidarité et entraide), le caractère sacro-saint de la vie humaine, etc.

Certains faits, apparus au début du 19°siècle (la traite internationale des esclaves autour des côtes africaines et malagasy, les premières tentatives d'unification pacifique de Madagascar opérées par Andrianampoinimerina, puis continuées par ses successeurs mais plutôt avec des moyens plus musclés durant tout le 19°siècle, avec des cicatrices encore à vif, même actuellement, dans plusieurs régions des côtes et du Betsileo), sont à rapprocher de ces « mouvements de fond », qu'on peut donc observer depuis les années 1800, dans l'histoire de la Grande Ile.

Chacune de ces crises majeures a généralement duré plusieurs années, avant de se concrétiser par une nouvelle situation sociale et politique stable, traduisant un nouveau rapport des forces en présence : par exemple l'insurrection de 1947 a débouché sur l'indépendance en 1960, l'annexion de Madagascar par la France en 1897 était précédée par plusieurs années de luttes armées et d'incursions des forces françaises en de nombreux points des côtes malgaches, etc.

Certains indices semblent suggérer, qu'on est au début ou peut-être au beau milieu de ce « mouvement de fond survenant probablement tous les 50 ans » :

â Les phases-tests de l'après-indépendance semblent largement dépassées : les citoyens cependant semblent avoir perdu tous leurs repères sociaux, économiques, culturels et politiques, et recherchent d'autres perspectives, et surtout sur quoi fonder de nouveaux espoirs ... D'où la nécessité de reconsolider les valeurs identitaires malagasy

â Les pressions des partenaires extérieurs deviennent plus difficiles à vivre, au fur et à mesure que le pays s'enfonce dans la pauvreté et la misère. Ce qui signifie aussi peut-être la nécessité d'une appropriation « partagée et volontaire », et non pas seulement par un groupe de minorité, des ressources extérieures, mais également la « démocratisation des sacrifices » qui y sont liés

â Des crises mondiales importantes pointent à l'horizon, et vont affecter et remodeler, bon gré mal gré, les fondements économiques, sociaux et culturels de la société malagasy d'aujourdhui et de demain : la crise alimentaire (quelle place pour le riz dans le futur ?), la crise énergétique (quelle alternative à la place du bois-énergie ?), la crise écologique et le dérèglement climatique (quel devenir pour la biodiversité ?), des tensions autour de la santé publique ( quels impacts auraient le sida, la fièvre de la vallée de Rift, etc. ?), la crise financière (quelles disponibilités pour les Investissements étrangers et pour les aides au développement ?). Plus on s'enfonce dès maintenant dans des grandes difficultés internes, plus Madagascar sera vulnérable face à ces crises mondiales présentes et futures. Et il faut s'attendre à des dégâts énormes sur tous les plans, tant humains, que sociaux, et économiques, etc.

L'urgence semble être la nécessité d'une vaste reconstruction sociale et culturelle, fondée en partie sur les valeurs anciennes malagasy, et leur mise en compatibilité avec les valeurs modernes de démocratie et de respect des libertés fondamentales : quelle marge de man½uvre, la mondialisation économique et commerciale, à laquelle Madagascar devra répondre présent, va-t-elle laisser à ce chantier « social et culturel » le soin de se chercher et de se bâtir ? De changements profonds sont attendus. Si la crise de 50 ans a débuté en 2001, le grand malaise s'explique par la sensation d'un « réel retour à la case de départ », voire un vrai retour délibéré en arrière, au lieu des « grands bonds en avant annoncés ». Les frustrations sociales sont à la mesure des déceptions profondes, vécues par le citoyen de la rue. Une dynamique de nettoyage et d'évacuation des « anomalies » et des « gabegies » semble s'enclencher. Les attentes, par rapport à une telle dynamique, c'est essentiellement : plus de justice sociale, plus d'équité, plus de croissance bien sûr, mais avec plus d'impacts sociaux. Le « mouvement social de fond » pourra ainsi aboutir à une nouvelle situation sociale et politique plus stable, permettant de mieux redistribuer les efforts comme les bénéfices de la croissance, de mieux motiver et de mieux mobiliser les forces économiques et sociales, et d'affronter avec sérénité les circonstances et autres « agressions » du monde extérieur.

Les crises de 1971, de 1972, de 1985, de 1991, de 2001 et 2002, illustrent à leur tour les crises à cycle de 10 ans, à l'intérieur donc de « l'autre crise », à cycle de 50 ans. Elles ont été toutes alimentées et nourries par les mécontentements sociaux, à la suite d'incuries, d'incapacités et de maladresses politiques. Il faut d'urgence rectifier et changer les orientations politiques, rétablir d'urgence la justice sociale, et instaurer la sérénité et la paix sociale. Mais si on est en face d'une « crise à cycle de 50 ans », cela ne suffit pas. La « paix imposée par la force », pas plus que la paix des prisons, et encore moins la paix des cimetières, ne constituent que des palliatifs techniques, permettant peut-être de juguler le court terme, mais, dans ces cas, ce sera une paix politiquement incorrecte, et socialement immorale. Et toute crise mal maîtrisée prépare le cycle de crise suivant.

Par Pascal Razafindramboa
Membre de la Société Civile de Fianarantsoa, Madagascar




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# Posté le jeudi 26 février 2009 09:33